02/06/2009

LA SICHERHEITSPOLIZEI (« Police de sûreté ») de Bourges : les plus redoutables agents français de la Gestapo sont Roger Picault, dit Rissler, et Pierre Paoli

Paoli école primaire.jpgVoici ce que l’on peut lire, concernant la Gestapo de Bourges et l’implication de Paoli, dans un mémoire de Benoît Thiault (Musée de la Résistance et de la Déportation de Bourges, Archives départementales du Cher:

 « ....Elle est composée d’une quinzaine d’Allemands :

Chef : Eric Hasse.

Sous-chef : Kurt Ridel, Fritz Choulz Bazedo.

Secrétaire interprète : Annie Fourmann (maîtresse de Hasse).

Chef des prisonniers : Haupscharführer Ernst Basedow (condamné à dix ans de prison après la Libération).

Dreyer, dit Roberts, chef du bureau de renseignement, reçoit toutes les délations des traîtres français.

Max Winterling, responsable de la section 4 A chargée de la répression des communistes ; son adjoint est le français Paoli maison paoli.jpg(voir ci-dessous).

Wilhem Saumann, dit Willy, chef de la police criminelle.

Autres agents : Bués tué à Veaugues en mai 1944, Fritz Shulz, Walter Henke, Jong Knittel, Peter Emmerich, Willy Roch, Hermann Yeuness, Hermann Yepes.

Des agents français dont les plus redoutables sont Roger Picault, dit Rissler (né en 1920 à Dun sur Auron) en fuite en Espagne après la guerre, condamné à mort par contumace, et Pierre Paoli né en 1921 à Aubigny sur Nère), fusillé le 15 juin 1946 à Bourges, apportent leur aide précieuse par la connaissance du terrain et des personnes. Paoli va arrêter une quinzaine de personnes à Aubigny au cours de l’été. Ils participent aux côtés des Allemands à la traque des résistants, s’infiltrent dans les mouvements, procèdent à de nombreuses arrestations suivies de déportations dans les camps de concentration nazis, dans le plus grand secret comme le prévoit le scharführer.jpgDécret Nacht und Nebel (« nuit et brouillard ») du 7 décembre 41.

Paoli, nommé Scharführer par Hasse, espère obtenir la nationalité allemande ; il dirige lui-même les soldats allemands dans certaines opérations. Blessé lors d’un attentat commis par les FTP à Aubigny en mars 1943, il va s’acharner à partir de l’automne sur les ennemis du Reich : communistes, résistants, juifs. Il emploie toutes sortes de tortures lors des interrogatoires pour faire parler ses victimes : coups de nerfs de bœufs, pendaison par les pieds, baignoire, goutte d’eau, allumettes enflammées sous les ongles, cordon bickford, menace et pression morale ….

affaire-paoli.jpgDu mois de juin 1944 jusqu’au 6 août, date de son départ de Bourges, Paoli procède encore à une quarantaine d’arrestations généralement suivies de déportation comme Paul Hardouin. Plusieurs personnes décèdent suite aux mauvais traitements infligés lors des tortures, comme le comte de Nétumières, Lucien Vanhaeren, et l’agent de liaison FTP Michel Perry. Il participe au premier massacre des puits de Guerry le 24 juillet 1946.... »

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://sauldreetsologne.hautetfort.com/trackback/2220499

Commentaires

Un vrai salaud !
Sur les 23 arrestations effectuées par Paoli à Aubigny, seules 4 personnes sont revenues de déportation.

Écrit par : Roger W | 03/06/2009

Le 21 juin sera déposée à la mémoire un couple d’Ivoy le Pré, Isidore et Léontine BOYAU, qui ont caché et sauvé des Paoli , Anna Zacks une petite fille juive, Anna ZAKS, originaire de Pologne et vivant à Paris.

Écrit par : DR | 03/06/2009

Je suis la fille du lieutenant Marius DESCHAMPS (décédé en aout 1947) et je possède des photos d'époque, mon père étant descendu en tant que pompier dans les puits.Je conserve ce souvenir dans mon cœur j'avais 11 ans.

Écrit par : DESCHAMPS | 07/04/2010

bonjour Mme DESCHAMPS, je souhaite obtenir une copie des clichés, je suis le petit fils de Charles KRAMEISEN

Écrit par : krameisen | 08/05/2012

Écrire un commentaire