10.11.2009
L´AFFAIRE GUY MOQUET- ENQUETE SUR UNE MYSTIFICATION OFFICIELLE, de Jean-Marc Berlière & Franck Liaigre - Larousse 2009, 260p

Un livre, édité chez Larousse, va relancer votre intérêt pour ce post " la lettre de Guy Môquet ", de Jean-Marc Berlière & Franck Liaigre (historiens) : L’affaire Guy Moquet – Enquête sur une mystification officielle, .
Voici le compte rendu qu’en fait Joël Drogland, agrégé d'histoire, professeur d'histoire géographie au lycée Catherine et Raymond Janot de Sens > cliquez ICI
21:20 Publié dans Actualités, Livre, POUR / CONTRE : exprimez-vous, résistance | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.10.2009
RESISTANCE, la lettre de Guy Môquet

Voici le texte de la dernière lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941.
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime"
13:21 Publié dans Actualités, Aubigny, Education, jeunesse, Mémoire, résistance | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10.08.2009
Maurice RIPOCHE (1895-1944) ingénieur-aviateur-industriel-résistant a permis le développement économique d’Aubigny d'après-guerre.
A Aubigny, chacun connaît la rue Pierre Rateau, la rue Maurice Ripoche...deux résistants français...Vous êtes peut être passé leur rendre visite « salle d’honneur Pierre Rateau » (*) au Château des Stuarts ? Le compagnon de la Libération Pierre Rateau est un enfant d’Aubigny, on connaît sa saga. Mais qui était Maurice Ripoche ?
Maurice Ripoche est né à Paris le 25 mai 1985. Il interrompt ses études d'ingénieur pour s’engager volontaire en 1914, termine la guerre comme sous-lieutenant dans l'aviation. Démobilisé il fonde une entreprise de construction de fours électriques. Affaire prospère, il entreprend la construction à Aubigny d’un atelier moderne pour s’y décentraliser. La guerre ne lui laisse pas le temps de s’y installer. En août 1940, il fonde à Paris le mouvement de Ceux de la Libération. En 1941, ses corps francs de Paris et Villacoublay sont armés. Le 9 octobre 1941,
échappant à une arrestation, il gagne la zone libre, puis à Lyon se met en relation avec Jean Moulin et Charles de Gaulle. Revenu clandestinement à Paris fin 42, il est arrêté le 3 mars 1943, transféré en Allemagne il passe près de 14 mois au secret dans un cachot de Dusseldorf. Condamné par un simulacre de tribunal, Maurice Ripoche est décapité, à Cologne, le 20 juillet 1944, allant vers la mort avec une foi sublime et ce merveilleux courage qui ne l'a jamais quitté. En 1946, Jean Drouard (les Moteurs Drouard équipaient les Fours Ripoche), sinistré lors du bombardement de l’usine Citroën, reprend l’atelier albinien de Maurice Ripoche. Maurice Ripoche a donc permis le développement économique d’Aubigny d'après-guerre. Aubigny lui a consacré une rue comme Paris, dans le XIVème (où l’école maternelle porte aussi son nom). Un timbre à l'effigie de Maurice Ripoche a été émis le 28 mars 1960, dans la quatrième série des Héros de la Résistance

Dans une brocante j’ai déniché un Icare, la revue de l’aviation française, le Tome 3 « Aviateurs et Résistants » édité en 1994. Jacques Ballet († 2000), Compagnon de la libération, un ingénieur, aviateur et résistant français, l’un des fondateurs du mouvement de résistance « Ceux de la Libération » (CDLL), y consacre un dossier dédié au souvenir de Maurice Ripoche. Pour le lire, cliquez [ICI]
Liens utiles :Jacques Ballet - Fours Ripoche - Maurice-Ripoche (Dufour)
(*) il est toujours possible d’accomplir ce devoir de mémoire en visitant la Salle d'honneur Pierre Rateau. Ouverture de Pâques au 30 Juin et du 1er septembre au 30 octobre : samedi, dimanche et jours fériés de 14h30 à 18h00. Du 1er juillet au 31 août : tous les jours de 10h00 à 12h30 et de 15h00 à 19h00. Entrée libre, comme pour le Musée marguerite Audoux. Entrée payante uniquement pour la visite du Mémorial : 2 € par personne - tarif réduit 1,50 € par personne pour un groupe de + 10 personnes ; personne munie du pass Route J. Cœur ou du pass Crédit Agricole; chômeur, étudiant sur présentation de la carte et pour les visites jumelées à celle de la visite de ville organisée par l’OTSI
10:47 Publié dans Aubigny, Mémoire, résistance, Rue d'Aubigny, tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.10.2008
TANGO, une couleur qui gagne!

Aujourd’hui, dans le kiosque, le Journal de Pierre Jacquet et Georges Rossignol, fait de la Résistance!
Pour se démarquer de son confrère caméléon il porte la casaque des " Tango " de Bourges Basket.
17:01 Publié dans Actualités, Patrimoine, résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.11.2007
PAOLI , Scharführer SS: complice des crimes de la bande au Bossu à Illy-Olly et à Floing
Presque chaque village du Cher a été marqué par les exactions du sinistre Paoli. Un nom que soixante après sa disparition, on a peine à prononcer à Aubigny. Par contre on ignore ses crimes perpétrés dans les Ardennes.
Beaucoup d’Albiniens ont lu L'affaire Paoli (1), un livre écrit par le magistrat qui jugea Pierre Marie Paoli devant la cour de On reprocha à Paoli plus de 250 arrestations, et le massacre, en juillet 1944, de 26 Juifs de Saint-Amand-Montrond précipités vivants dans un puits asséché et achevés par lapidation.
Condamné à mort à Bourges, il fut jugé à nouveau par la cour de Justice de Nancy...
" Ainsi donc, il ne s'était pas écoulé une demi-heure depuis la fin de l'audience que Paoli, sous bonne
garde, filait déjà vers Nancy, où l'attendaient d'autres juges et d'autres victimes."
Le 5 juin 1946 s’ouvrait devant la Cour de Justice des Ardennes le procès dit de « la bande au bossu », auteur des massacres commis à Illy-Olly et à Floing les 28 et 29 août 1944, à la veille de la Libération. Ce groupe d’action du SD, composé de dix militants du parti franciste, s’illustra ces jours-là par sa férocité et sa sauvagerie.
Son chef, Pierre Mary Paoli, né le 31 décembre 1921 à Aubigny-sur-Nère, dans le Cher, exerçait la profession de commis du Trésor. Il devint interprète à la Gestapo de Bourges au début de 1943. Orgueilleux, ambitieux, zélé, les Allemands le nommèrent Scharführer (sergent-chef) de la S.S. en janvier 1944. En août 1944, replié à Nancy, la Gestapo lui confia la direction de ce « groupe d’action » chargé de démanteler la Résistance Sedanaise.
À Illy-Olly…
Le 23 août 1944, le groupe installait son cantonnement à Illy-Olly(carte), se présentant à la population locale comme une équipe de maquisards chargés par les Américains de désorganiser le front allemand et de rechercher des terrains de parachutage. Paoli était chargé d’assurer la liaison entre le groupe et le commandement du SD cantonné à Sedan.
Du 24 au 28 août, le faux maquis, malgré ses exactions (rafles des stocks de tabac, réquisitions de bicyclettes, vols de voitures), s’attira la sympathie des habitants du lieu, et gagna la confiance de jeunes gens qui le rejoignirent dans les bois.
Le 28 août, quatre jeunes hommes qui croyaient avoir rallié une organisation patriotique furent abattu à coups de mitraillettes au lieu-dit « La Hatrelle » où la bande avait installé son P.C. (Luc Lilès, Marceau Herman, Roland Saxe, Bernard Stringer). Abandonnant les lieux, les tortionnaires prirent la
route de Sedan, laissant derrière eux d’autres victimes (Jacques Wentzel, Alfred Lejeune, Pierre Rouy). Plus loin, dans la gare désaffectée d'Olly, ils abattirent froidement trois jeunes gens qui avaient sollicité leur admission au maquis (Pierre Melo-Pinto, Daniel Hut, le troisième fut grièvement blessé mais échappa à la mort).
Rentrés à Sedan dans la soirée, ils étaient désignés pour mettre un point final à une opération qu’ils avaient initiée à Gaulier.
… Et à Gaulier
Vers le 15 août, trois hommes descendus d’une voiture automobile (Paoli, Picault et Thaon) se présentèrent au café-tabac tenu à Gaulier par M. Champenois, exhibant des brassards FFI, se firent remettre le tabac et discutèrent avec les personnes se trouvant là. Jean Barré, passant sur la route, fut appelé par le fils Champenois et prit part lui aussi à la conversation. Les miliciens, se disant au maquis, leur promirent des armes qu’ils devaient, disaient-ils, recevoir
bientôt. Jean Barré, trop confiant, leur demanda des mitraillettes. Les miliciens lui donnèrent rendez-vous le lendemain entre la Vierge de Floing et la Meuse.
Jean Barré rendit compte de cet entretien à Marcel Léonard, chef de centre FFI de Floing, qui, flairant un piège de la Gestapo, lui donna l’ordre d’aller seul à ce rendez-vous, ce qu’il fit sous la surveillance de trois hommes armés. Les miliciens lui donnèrent quelques cartouches de mitraillette et deux grenades et le pressèrent de les mettre en relation avec un responsable des FFI de Sedan. Barré prétendit ne pas en connaître. Un voisin, André Martigny, vint se mêler à la conversation. Puis les miliciens partirent et l’affaire en resta là jusqu’au 28 août où Léonard apprit ce qui s’était passé à Olly.
Ce même jour, Martigny annonça à Léonard qu'il avait revu les trois hommes qui lui avaient annoncé qu'ils allaient leur fournir les armes promises. Ce dernier prévint ses hommes de prendre des précautions pour la nuit. Tous se munirent d'armes déterrées dans le jardin du docteur François, beau-frère des frères Barré. Ces derniers, armés de fusils, prirent position dans la butte se trouvant au dessus de la maison du docteur, afin de surveiller les environs. Le 29, à cinq heures du matin, Léonard fut réveillé par des coups de feu. De sa fenêtre il aperçut deux Allemands étendus sur le trottoir, d'autres rasant les murs qui tiraient vers la butte, enfin Mme François dont les soldats venaient de forcer la porte du domicile. Plus de deux cents Allemands encerclaient Gaulier. Ils
arrêtèrent tous les hommes du village qui furent réunis devant le domicile du docteur François. Celui-ci et Jean Barré furent arrêtés vers 9 heures, Robert Barré ayant été tué pendant l'engagement. Tous ceux qui avaient parlé, ou qui avaient eu un contact avec les miliciens, furent poussés dans la salle d'attente du docteur, les autres furent renvoyés chez eux.
Les francistes perquisitionnèrent son domicile et interrogèrent Mme François et sa fille de 12 ans sur les activités du docteur et ses rapports avec la Résistance de la région. Exaspéré par son silence, Ballereau abattit Mme François d'une balle dans la tête.
L'interrogatoire des hommes fut brutal. Rutz, le boxeur, frappait avec ses poings, un autre avec un maillet à cercler les fûts, dont il se servit pour défoncer le crâne de Jean Barré. Ballereau poussa même le raffinement à couper, avec un couteau, l'oreille d'une de ses victimes, sans doute comme « prise de guerre »...
Après quoi les 12 prisonniers furent introduits dans une petite grotte située au fond du jardin- potager du docteur et abattus d'une balle dans la nuque.
Georges Cablat, qui avait 18 ans à l'époque, survivra à ses blessures. Il racontera, en 1994 : « On nous a parqués dans la cour de la grotte. Mon tour est venu. Rissler (adjoint de Paoli) se tenait sur le seuil de la grotte. Je suis entré. Il m'a dit : "tourne-toi". J'ai dit ma prière. J'ai entendu le vacarme de la déflagration, j'ai senti un gros souffle chaud sur la nuque. J'ai basculé tête en avant et lorsque je me suis trouvé à terre je me suis dit : "Mais tu n'es pas mort puisque tu penses"... »
Après avoir signé ses crimes par une inscription sur les murs de la maison, « Bucard vaincra », la bande devait ensuite fuir vers l'Allemagne dans les bagages de l'armée en déroute, laissant derrière elle 19 victimes...
À la Libération
Responsable de dizaines de crimes, Paoli fuit la France à la Libération et se réfugia à Berlin. Arrêté le 16 mai 1945 par la Police Militaire britannique, il fut jugé et condamné à mort par la Cour de Justice du Cher le 4 mai et par la Cour de Justice des Ardennes à Nancy le 7 juin 1946. Jean Ballereau, surnommé « le bossu », 20 ans, le strasbourgeois Rutz, ancien champion de boxe, Gérard Gaudin, 18 ans, Pierre Sénéchal, 20 ans, André Cléry, 18 ans, furent eux aussi condamnés à mort alors que trois des membres de la bande réussissaient à échapper à la justice.
Les sept inculpés présents devant la Cour de Justice des Ardennes furent condamnés à mort, à la dégradation nationale, et à la confiscation totale de leurs biens le 7 juin 1946. Paoli fut exécuté à Bourges le 15 juin. Les quatre plus jeunes membres de la bande furent graciés et leur peine fut commuée aux travaux forcés à perpétuité ; Rutz et Ballereau furent fusillés à Nancy au mois de septembre de cette même année, après avoir refusé de signer leur demande de recours en grâce.
(1) J. Lyonnet, L'affaire Paoli, Editions Chassaing, Nevers, 1965
18:45 Publié dans Histoire, résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.12.2006
Maurice RIPOCHE ( DUFOUR )
"Les quelques privilégiés qui ont connu Maurice RIPOCHE éprouveront une émotion profonde de la même qualité que celle qui m’étreint en rédigeant ces lignes. Et tous nos camarades de Ceux de La Libération éprouveront une juste fierté lorsqu'ils auront appris à connaître qui était Maurice RIPOCHE, le fondateur du mouvement dans lequel ils ont servi."
Né
le 27 mars 1895 à Paris , il sort diplômé de l'Institut catholique des Arts et Métiers de Lille. La guerre arrive. Il s'engage dans le génie. Mais son ardeur, sa vitalité l'attirent vers une arme nouvelle et périlleuse. Comme pilote de chasse pilote de chasse, il accomplit de splendides prouesses. En août 1917, en mars et en mai 1918, il cueille trois magnifiques citations qui honorent son courage et sa combativité.
L'Armistice arrive. Il est sous-lieutenant. Le 20 décembre 1932 il reçoit la Légion d'honneur en récompense des services rendus.
La débâcle de 1940 le trouve profondément ulcéré. Face à la carence des élites et des masses, son sens de l'honneur s'insurge. Il ne peut abandonner le combat et il lance un manifeste vibrant déjà des accents de la victoire. Il appelle au combat contre l'occupant tous les hommes de bonne
volonté.C'est alors qu'il rencontre Jean Moulin (Max) et de concert avec lui, il organise en zone
occupée les premières réunions qui devaient, donner naissance à Ceux de la Libération.
A u cours de l’année 1941, RIPOCHE tisse sa toile. La S.N .C.F, la Compagnie d'Electricité, du Gaz, de l’Eau, le Métro sont contactés.
Mais déjà la Gestapo le traque. Le 9 octobre, il évite de juste-sise son arrestation. A la fin du dernier trimestre 1941, il doit changer de nom. RIPOCHE devient Dufour. Il passe en zone sud. Toutefois, il garde le contact avec Paris grâce à notre camarade Vannier (Osier) qui devait mourir à Buchenwald trois jours après la libération du camp (divers signes portés dans les camps).
RIPOCHE se rend fréquemment en Vendée. De là, il dirige son organisation qui, n'en déplaise à certains, était, à l’époque, l'un des plus importants groupements de la zone occupée et le plus puissant peut-être, en raison même des contacts qu'il avait pu obtenir auprès des dirigeants des grandes organisations et des services
publics.
L'organisation surveille l’ennemi et tous ses moindres mouvements. La zone occupée, la zone interdite, la Belgique , le Luxembourg sont soumis à son contrôle ! Elle surveille tous les mouvements ferroviaires.
Mais l’action est proche. Des noyaux de corps francs sont constitués à Paris, et de Nantes à Belfort, autour d’officiers, de sous-officiers, d’hommes de troupes des Corps de chars de combat, de l'aviation et de la 13* D. L.
Les liaisons sont établies avec la zone sud et déjà cet énorme mécanisme est sur le point d'entrer en mouvement.
Début 1943, RIPOCHE, sous un nouveau pseudo (Pons), met au point avec Lenormand (Coquoin), Médéric et quelques-autres, d'importantes mesures.
Le 3 mars, RIPOCHE (timbre) et Vannier sont arrêtés à Paris , rue de Rome, dans le bureau du colonel Manhès (Frédéric), qui, le matin même. avait été arrêté dans ce même bureau.
Maurice RIPOCHE, avait décidé de s'installer, avait guerre à Aubigny. Sa disparition fit que sa société ne s'installa dans l'usine construite à Aubigny. Jean DROUARD, fournisseur des FOURS RIPOCHE, sinisté à Paris , acheta ces locaux vides.
15:45 Publié dans Aubigny, résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pierre RATEAU, compagnon de la libération
Pierre RATEAU, nous a quitté il y a 50 ans...
Alias : "Henri Poily", "Pape", "Arthur", "Eminence", "Rossi"
Pierre Rateau est né le 14 mai 1913 à Aubigny-sur-Nere, dans le Cher, de parents entrepreneurs en quincaillerie.
Il suit des études secondaires aux Lycées Fénelon et Condorcet à Paris avant d'effectuer son service militaire pendant deux ans au Maroc, dans l'Artillerie.
Rendu à la vie civile, il entre dans l'entreprise familiale.
Mobilisé en 1939 comme maréchal des logis, il est affecté à un parc d'artillerie dans les Vosges . Désireux d'agir, il passe, à sa demande, le brevet de chef de section et est nommé, en avril 1940, au 60e Régiment d'Artillerie.
Il combat avec bravoure au Donon dans les Vosges jusqu'à l'armistice et reçoit la Croix de Guerre. Fait prisonnier, il est interné à Strasbourg ; transféré en Prusse-Orientale, au stalag I B, il refuse de travailler et se considère "en sursis d'évasion".
Fin mars 1941, Pierre Rateau se fait envoyer dans un Kommando de travail à Lyck, à 30 kilomètres de la frontière russe, et parvient à s'évader, avec deux camarades, la nuit même de son arrivée, par -30°.
Arrêtés à la frontière russe les trois hommes sont séparés. Pierre Rateau est successivement interné à Minsk, Smolensk, Grodno et enfin Mitchourine où il retrouve 180 Français emmenés par Pierre Billotte, avec lesquels il est libéré et rejoint l'Angleterre, via Arkhangelsk et le Spitzberg, le 9 septembre 1941.
Après un passage au camp de Camberley où il s'engage dans les Forces Françaises Libres sous le nom de Henri Poily, il est affecté au Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA), les services spéciaux de la France Libre et reçoit un entraînement dans les camps de l'Intelligence Service.
Parrallèlement à son instruction, il s'occupe des questions "Jeunesse" avec Maurice Schumann et André Philip.
En avril 1943, le sous-lieutenant Rateau est parachuté en France près de Roanne dans la Loire sous le nom de code d'"Arthur" en qualité de chargé de mission au S.A.P. (Service des Atterrissages et Parachutages) pour les régions R3 et R4 (Toulouse et Montpellier ). Il doit remplacer Hervé Montjarret, arrêté. Blessé au cours du parachutage, ne trouvant pas l'équipe de réception, il doit se débrouiller par ses propres moyens.
A Lyon, il prend contact avec les organisations locales et la Délégation générale ; il rencontre notamment Max (Jean Moulin), Bruno Larat, nouveau responsable du Centre des Opérations de Parachutages et d'Atterrissages (COPA), Paul Rivière et Alain de Beaufort, chef des opérations aériennes de la région de
Clermont-Ferrand et Limoges. Ensuite, il installe son P.C. à Toulouse où il organise le service des parachutages. Il réceptionne ainsi les premières opérations aériennes du sud-ouest de la France . Après l'arrestation de Bruno Larat et d'Alain de Beaufort, il reprend la région de Limoges.
Grâce à son travail incessant de recherche des terrains d'atterrissage, de grandes figures de la Résistance comme Pierre Brossolette et Pierre Viénot ou des personnalités politiques comme Jules Moch et Henri Queuille purent être acheminées vers l'Angleterre.
Activement recherché par la Gestapo , il échappe de justesse à plusieurs arrestations. Il organise également une chaîne d'évasion par l'Espagne qui permet le passage de la frontière à de nombreux agents du BCRA.
En février 1944, il repart lui-même par l'Espagne. Arrêté, après un internement au camp de Miranda, il parvient à rejoindre Gibraltar puis Londres en avril 1944. Rapidement affecté à l'Etat-Major du général Koenig, il est chargé des liaisons aériennes avec les officiers d'opérations et les chefs de réseaux.
En août 1944, promu au grade de sous-lieutenant, il exécute une seconde mission en France (mission Shinoil) et est parachuté sur la poche de Saint-Nazaire pour y regrouper les maquis de la Vendée.
Nomm é ensuite Chef du 4e Bureau, il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle le 18 juin 1945 et affecté à la Direction Générale des Etudes et Recherches (DGER) avant d'être démobilisé à l'été 1945.
Il reprend ensuite l'entreprise familiale.
Pierre Rateau est décédé le 27 juin 1956 à Aubigny-sur-Nere où il a été inhumé.
• Chevalier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 6 avril 1945
• Médaille Militaire
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Médaille de la Résistance
• Médaille des Evadés
• King's Medal for Courage (GB)
• Chevalier de l'Ordre de Léopold (Belgique)
• Croix de Guerre Belge (avec palme)
15:30 Publié dans Aubigny, résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note













