05.02.2008
Bérault STUART, le mécène
Le Régime des princes fut composé en 1279 par Gilles de Rome, archevêque de Bourges, et cardinal, membre de l'ordre des Augustins et précepteur du roi Philippe le Bel. Il s’agit d’un "miroir des princes", genre littéraire destiné à l'origine à l'éducation de fils de roi et devenu à la mode depuis le XIIe siècle. Composé de trois parties consacrées au gouvernement de soi, de sa famille et de son royaume, l’ouvrage fut traduit au XVe siècle et copié à de nombreux exemplaires, d'abord pour de jeunes aristocrates de haut rang, puis pour des notables marchands.
Bérault Stuart en fit faire une copie richement enluminée, aujourd’hui propriété de la BNF / Bibliothèque de l'Arsenal.
La majorité des manuels scolaires traitant du Moyen Âge utilisent l’illustration ci-contre
pour étudier une ville.
L'exploration de cette page enluminée, propose d'observer l'organisation idéale d'une rue marchande. À travers l'image des échopes du drapier et du fourreur, de l'apothicaire-épicier et du barbier, la description de leur officine et les produits ou services proposés, se dessinent les nouvelles préoccupations d'hygiène, l'évolution du commerce et l'enrichissement des villes à la fin du Moyen Âge.
Cet extrait du Livre du gouvernement des princes se retrouve dans de nombreux dossiers pédagogiques.
Dommage que l’on n’ye précise pas, que l’enlumineur, avait certainement choisi, pour cette illustration, la ville de son commanditaire : Aubigny
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Bérault STUART, quatrième seigneur d'Aubigny
D’après Alfred GANDILLON (†), Archiviste du Département du Cher
Béraud Stuart, le « très gentil et vertueux capitaine », « le grand chevalier sans reproche » qui va porter la gloire militaire de sa maison à son apogée.
Successivement capitaine du bois de Vincennes, capitaine de gens de guerre, gouverneur de la ville de Sancerre, capitaine de la ville de Melun, bailli du Berry, où, en cette qualité, il met en liberté, sur les ordres du roi, en juillet 1488, le duc d'Orléans (le futur roi Louis XII), qui, à la suite de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, avait été enfermé à la Grosse Tour de Bourges, chambellan du roi, capitaine de la Garde écossaise, garde d'honneur préposée à la protection du souverain, il se signale surtout par la part active qu'il prend aux guerres d'Italie .
En 1494, on le trouve à la tête d'une ambassade chargée de faire valoir les droits du roi (le France sur la couronne des Deux-Siciles, mais cette ambassade n'obtient aucun résultat. Alors il accompagne Charles VIII en Italie. On le voit, en particulier, à l'entrée triomphale du prince à Florence et à Home (novembre-décembre 1494), puis, quand le
roi de France, après un court séjour à Naples et à la suite de la bataille de Fornoue, rentre dans son royaume, Béraud Stuart, chargé de détendre la Calabre, remporte, en juin 1495, la brillante victoire de Seminara sur Ferdinand II de Naples et Gonzalve de Cordoue. Malheureusement entravé dans ses opérations par la négligence de son chef, Gilbert de Montpensier, vice-roi de Naples, il doit signer une capitulation et rentre en France, où, pour le récompenser de ses services, Charles VIII l'indemnise des dépenses qu'il a faites en
Sicile et le nomme chevalier de l'ordre de Saint-Michel.
Sous Louis XII, il passe à Rome, s'empare, en juin 1501, de Capoue et oblige Frédéric de Naples, neveu de Ferdinand II, à lui livrer son royaume. Pendant quelque temps, il administre Naples, et son administration est empreinte de tant de sagesse et de modération que les Napolitains adorent leur gouverneur et le surnomment le Petit Roi de Naples. Obligé de quitter Naples à l'arrivée de Louis d'Armagnac, qui en est nommé vice-roi, il gagne la Calabre, où, à la lin de l'année 1502, il remporte sur les Espagnols les victoires de Terranuova et de Girace. C'est le point culminant de sa fortune.
A quelque temps de là, le 21 avril 1503, il est, en effet, battu par les Espagnols à Seminara, où, huit ans auparavant, il avait été vainqueur, et est fait prisonnier. Remis en liberté sans rançon, il rentre en France, où il reçoit à Blois le meilleur accueil de Louis XII et d'Anne de Bretagne.
En 1507, il retourne encore en Italie et accompagne Louis XII à Gènes, à Milan et à Savone, où, souffrant de la goutte, il reçoit la visite personnelle du roi d'Aragon. Chargé en 1508 d'une ambassade auprès de James_IV, roi d'Ecosse, il est accueilli avec enthousiasme par son pays d'origine, qui l'acclame sous le nom de Père de la guerre et donne des tournois en son honneur. Mais, accablé de fatigue, il meurt au milieu de son triomphe, avant d'avoir pu remplir l'objet de sa mission).
Béraud Stuart n'est pas seulement un brillant chevalier ; il n'aime pas seulement le cliquetis des armes, il paraît encore avoir cultivé les lettres et les arts. Il rédige, en collaboration avec un clerc originaire d'Aubigny, Etienne le Jeune, son secrétaire et chapelain ordinaire, un traité où il indique « ordre et train » qu'un prince doit tenir pour conquérir un pays, et dont on connaît deux copies. L'une, ornée de délicates miniatures, appartient aujourd'hui aux collections de lord Bute, à Londres; l'autre, moins
richement traitée, se voit à Paris, à la Bibliothèque nationale. Il fait transcrire et orner de peintures les plus curieuses le Livre du gouvernement des princes de Gilles Colonna, l'un des joyaux de la Bibliothèque de l'Arsenal. Un poète écossais, Guillaume Dunbar, compose un poème en son honneur, lors de son arrivée en Ecosse; le célèbre médailleur italien Nicolas Spinelli reproduit ses traits sur une médaille de bronze, et son portrait figure au nombre des huit portraits des Stuarts que possédait encore Aubigny en 1789 et qui semblent avoir disparu pendant la Révolution .
Béraud Stuart avait épousé en premières noces Guillemette (nommée ailleurs Wilelmine) de Boucart, dont il avait eu une fille, Guyonne Stuart ; en secondes noces, Anne de Maumont, fille de Guy de Maumont, seigneur de Saint-Quentin. De ce second mariage, il avait eu également une fille, nommée Anne, comme sa mère, et qui épousa son cousin Robert Stuart, descendant de Jean ler Stuart.
Béraud Stuart n'ayant pas d'héritiers mâles, c'est à ce Robert Stuart, son gendre, que la seigneurie d'Aubigny est donnée.
Vous pouvez aussi lire, au sujet de Bérault Stuart, ce qu’a écrit, Louis, Marquis de Vogüé en cliquant [ICI]i
20:40 Publié dans STUARTS, seigneurs d'Aubigny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.02.2008
Bérault STUART, artisan de la reconquête de Grenade
Les grands vainqueurs de la conquête de Grenade sont les souverains de deux royaumes anciennement rivaux, l'Aragon et la Castille.
Par leur mariage puis par la conquête du royaume de Grenade, Ferdinand II d'Aragon et Isabelle 1ère de Castille conduisent la péninsule ibérique vers l'unité. Celle-ci sera complète (à l'exception du Portugal) avec la soumission de la Navarre en 1515.
L'une des premières tâches que se proposent les rois est en effet d'éliminer le
dernier vestige de la présence maure en Espagne, cet émirat de Grenade, vassal de la Castille qui subsiste en lui payant tribut. La guerre de Grenade (1481-1492) est l'occasion d'une action commune de la Castille et de l'Aragon. Elle représente un effort militaire et financier considérable et donne l'occasion à la Castille de se doter d'une armée de premier ordre et de créer un corps d'artillerie.
Bérault Stuart se mis au service de Ferdinand II d'Aragon qui essayait alors de reconquérir Grenade. Bérault pesa dans la reddition du Sultan Abû Abd Allâh (Boabdil),
dernier rejeton de la dynastie nasride, qui met fin au royaume musulman de Grenade. En 1507 le roi Ferdinand II d'Aragon rendit hommage à Bérault en souvenir de sa bravoure (1) (2) (3)
L'entrée des rois catholiques à Grenade, le 2 janvier 1492, a eu un retentissement considérable dans toute la chrétienté : les cloches ont sonné à Londres, à Paris, en Italie… ; à Rome, les réjouissances se sont prolongées pendant plusieurs mois ; partout, on a célébré l'événement comme une victoire de la Croix sur le Croissant, comme une sorte de revanche sur la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453.
- C'en est fini de la présence musulmane en Espagne, active pendant sept siècles.
- C'en est fini aussi des croisades engagées par les chrétiens d'Occident contre les envahisseurs
musulmans, la Reconquista (Reconquête). Celle-ci avait débuté sous le règne de Charlemagne et l'un de ses premiers faits d'armes avait été la mort de Roland au col de Roncevaux.
La prise de Grenade vaut à Isabelle et Ferdinand de recevoir du pape Alexandre VI Borgia (un Espagnol) le titre émérite de «Rois Catholiques».
(1) « …En 1507, L’armée française envahissaient à nouveau la Lombardie. Bérault et le roi Louis XII entrèrent dans Gênes et dans Milan avant d'atteindre Savone où Bérault fut victime d'une crise de goutte (maladie dont il souffrit toute sa vie) C'est à ce moment-là que le roi Ferdinand d'Aragon vint lui rendre visite en raison de son état, Bérault se trouvait dans l'impossibilité
présenter devant Sa Majesté Catholique. C'est pourquoi, Ferdinand ayant appris la maladie de Bérault, informa Louis XII qu'il désirait le voir en souvenir de sa bravoure au siège de Grenade. Louis XII fournit immédiatement une escorte de 100 archers commandés par Gabriel La Châtre. Ils se rendirent à la résidence de Bérault, accompagnés de Gonzalve de Cordoue, son ancien ennemi à Naples, ainsi que de nombreux seigneurs français et espagnols. Bérault ayant appris l'arrivée de Ferdinand, se fit porter hors de sa chambre. Lorsque le monarque arriva, Bérault se prosterna aux pieds de Sa Majesté, se confondant en remerciements pour le grand honneur que lui faisait Ferdinand « des rafraîchissements furent servis et tous burent ensemble». Elie de Comminge
(2)Jean d'Auton
(3) La chute de Grenade (2 janvier 1492) Boabdil (en noir) face à Ferdinand (en rouge) et Isabelle (en blanc).
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Bérault STUART et la guerre des Deux-Roses
Fils de Richard d'York et Duc de Gloucester durant le règne de son frère Edouard IV, Richard III devient régent en avril 1483 à la mort de son frère. Séquestrant ses deux neveux Edouard V et le Duc d'York dans la Tour de Londres, il parvient à les faire déclarer enfants illégitimes et est certainement à l'instigation de leur assassinat, qui lui permet de se faire couronner roi le 6 juillet 1483.
Son règne est marqué par la fin de la guerre des Deux-Roses, qui opposa de 1454 à 1485 les familles des York et des Lancaster (et leurs descendants les Tudors) pour la possession de la couronne d'Angleterre.
Le 7 août 1485, Henry Tudor débarque en Angleterre, venant de Bretagne où il s’était réfugié.
Une bataille oppose ses partisans à l'armée royale le 22 août 1485 à Bosworth.
Bérault STUART, est à la tête des troupes françaises venues se ranger sous la bannière d'Henry Tudor.….
We must not of their part, the French beguile
Whom Charles for Henries succour did provide.
A Lord of Scotland, Bernard, was their pride,
A blossom of the Stuarts happy line,
Which is on brittaines throne ordain"d to shine;
The sun, whose rayes, the heav'n with beauty crowne,
From ascending, to hos going downe,
Saw no braver leader, in that age;
At Bosworth Field must be the glorious stage,
And tries those wings, which after rayse him high,
When he beyond the snowy Alpes renown'd.
Shall plant the French Lillies in Italian ground;
And cause the craggy Appenine to know,
What fruits on Caledonian mountains grow
Sir John Beaumont, Bosworth Field (London 1629)

Richard III est tué lors de la bataille et son armée est vaincue. L'accession au trône de Henry Tudor, sous le nom de Henry VII, met fin à cette guerre civile.
Dans la tragédie Richard III qu'il écrit en 1592, William Shakespeare (1564-1616) prête à Richard III la volonté d'avoir voulu échanger son royaume pour un cheval lors de la bataille de Bosworth, afin de prendre la fuite.
22:05 Publié dans Histoire, STUARTS, seigneurs d'Aubigny, Victoires & Défaites | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.02.2008
Jean(II) STUART, troisième seigneur d'Aubigny(1439-1482)
Entré en possession de la seigneurie d'Aubigny, Jean Stuart en fit hommage à Charles VII en 1437, puis à Louis XI en 1461, en même temps que de la seigneurie de Concressault et du comté d'Evreux.
Cette branche de la maison royale d'Ecosse devint tout à fait française. Autour d'elle, en Berry, beaucoup d'Ecossais prirent racine. Ils s'acclimatèrent rapidement ; et si, dès l'abord, les Berrichons firent grise mine à ces « sacs à vin et mangeurs de moutons »), cette première impression fut de courte durée.
Jean Stuart ne paraît pas avoir joué un grand rôle dans les guerres de son temps. Il était, au demeurant, bien en cour. Après avoir été capitaine de 100 lances écossaises (1er capitaine de la Gendarmerie crée en 1439 par Charles VII)
il fut appelé au commandement de la garde écossaise, qui était alors la première auprès du souverain. Il fut conseiller et chambellan ordinaire du roi et chevalier de l'Ordre de Saint-Michel dès sa création par Louis XI.
L’Ordre de Saint-Michel fut créé à Amboise le 1er août 1469 par Louis XI, afin de répliquer à la fondation de
l’ordre bourguignon de la Toison d’Or. Le roi de France en assurait la grande maîtrise et les chevaliers, au nombre de trente-six " gentilshommes de nom et d’arme ", élus par les membres de l’ordre, devaient lui prêter serment. Le siège " théorique " en était l’abbaye du Mont-Saint-Michel, transféré ensuite à la Sainte Chapelle de Vincennes, puis par Louis XIV, aux Cordeliers de Paris.Les chevaliers au nombre de 36, étaient liés, par un serment de fidélité irrévocable à la couronne de France. Un chapitre des coulpes était pratiqué aux réunions de l’ordre (où l’on s’accusait publiquement des manquements à la règle). Un office quotidien de St.-Michel, même s’il ne figurait pas formellement dans les statuts, fut imposé à partir du XVIIIe siècle.
Il épousa en 1446 Béatrix d'Apchier. Celle-ci avait été élevée dans l'entourage de la fille du duc Jean de Berry, Bonne de Berry, comtesse d'Armagnac, et fut plus tard une de ses légataires.
Il se remaria avec Guillemette (ou Wilhelmine) de Boucard, d'une famille noble établie à Blancafort.
Pour en savoir plus, cliquez [ICI] pour lire ce qu’a écrit Louis, marquis de VOGÜE (†) sur Jean II Stuart...
23:05 Publié dans STUARTS, seigneurs d'Aubigny | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Alan STUART, second seigneur d'Aubigny et de Concressault (1429-1439)
Jean Styart 1er seigneur d’Aubigny et Concressault , avait contracté mariage, vers 1391, avec Elisabeth, fille de Duncan, huitième comte de Lennox. Celui-ci était le chef de l'une des plus anciennes familles féodales de l'Ecosse, qui faisait remonter ses origines jusqu'à la conquête romaine. De cette union étaient nés trois fils. Ils eurent des démêlés avec les créanciers de leur père, pour le règlement des dettes qu'il avait contractées au service de la France. Ils obtinrent de Charles VII
des lettres patentes leur accordant des délais de paiement.
L'aîné, Alan ou Alain, résida quelques années en France, où il occupa la charge de connétable de l'armée écossaise.
Il assista ainsi au sacre de Charles VII.
Dans les archives d'Aubigny se trouvaient plusieurs obligations et quittances à son nom. On y relevait aussi un amortissement des biens du prieuré d'Aubigny, accordé à Arnoult Belin, son fondateur, moyennant une somme de 200 réaux d'or, à charge de faire dire « à perpétuité quatre anniversaires solennels aux Quatre-Temps et jeûnes de l'année » (1437). Etant retourné en Ecosse, il y fut assassiné (1439).
Alexandre, le second, n'est cité par l'histoire que pour avoir tué le meurtrier de son frère. Quant au troisième, il resta en France et recueillit les biens que son père et son frère y avaient laissés.
Le fils aîné de John STUART de Darnley 1er seigneur d’Aubigny et Concressault, Alan a hérité des terres de
Darnley en Écosse.
Les descendants d'Alan, qui devinrent comtes de Lennox, sont restés en contact étroit avec la branche Aubigny, qui comprenait: John († 1482), son fils Bérault († 1508) qui a donné hommage à Aubigny en 1483, Bérault et de la fille qui épousa Anne Son cousin Robert Stuart, le petit-fils d'Alan († 1543): Anne et Robert ont donné hommage à Aubigny en 1508. Aubigny s'est ensuite donné à une autre jeune fils aîné de la branche, John Stuart († 1567), qui a prononcé un hommage en 1560, dont le fils Esme († 1583) a été fait comte de Lennox en 1580 et 1er duc de Lennox en 1581. Les seigneurs successifs d'Aubigny ont scrupuleusement juré hommage au roi de France (en 1600 par Esme, fils du 1er duc de Lennox, en 1636 par George Stuart, en 1656 par Ludovic Stuart, en 1670 par Charles Stuart).
Pendant ce temps, la branche aînée avait pris fin avec Henry Stuart, Lord Darnley, époux de Mary Queen of Scots, et le père de Jacques VI (1672), L'héritier d'Aubigny était le roi d'Angleterre et d'Écosse, Charles II…. Etc…
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John STUART OF DARNLEY, seigneur de Concressault (1421-1429) et premier seigneur d'Aubigny (1423-1429)
John Stuart (1365-1429), comte de Darnley, débarqua en 1421 avec un corps expéditionnaire de 6 000 écossais, venu au secours du Dauphin Charles. Fils de Sir Alexander Stewart de Derneley (1368-1406), comte de Darnley, et de sa première épouse, Marguerite, il fut un lointain parent des Stewart, rois d'Ecosse depuis 1370. Au soir du 21 mars 1421, l’armée franco écossaise, commandé par le comte de Buchan, franchit la Loire et vaincu l'armée anglaise à Baugé (Maine et Loire), l'une des rares victoires françaises.
Cette victoire valut à Jean Stuart, comte de Darnley, connétable du second corps expédition écossais, la seigneurie de Concressault (1421).
Des renforts écossais, sous la conduite du comte Douglas Archibald, rejoignirent la France. L'armée du Dauphin Charles comptait, à l'époque, près de douze mille écossais. Douglas Archibald, beau-frère du comte de Buchan, fut nommé lieutenant général des armées du roi et duc de Touraine.
A la mort du roi Charles VI, le Dauphin Charles prit le titre de roi, à Mehun-sur-Yèvre (21 octobre 1422). Les Anglais continuèrent de le surnommé « roi de Bourges ».
Le roi Charles VII récompensa généreusement son fidèle et brave Jean Stuart, en lui don, à lui et à ses descendants mâles, par charte datée de Bourges du 26 mars 1423 les ville, seigneurie et le château d'Aubigny, à la réserve de la foi et de l'hommage. A la bataille de Cravant (31 juillet 1423), l'armée française très cosmopolite (Ecossais, Aragonais, Lombards), sous les ordres de Jean Stuart d'Aubigny, secondé par le comte de Vendôme, subit une défaite désastreuse face aux Anglais du duc de Bedford. Trois à quatre mille Ecossais et deux à trois Français furent prisonniers dont Jean Stuart qui perdit un oeil.
Jean Stuart ne put jouir longtemps de ses nouvelles possessions puisqu'il effectua un pèlerinage en Terre
Sainte et, à son retour, il reprit les services l'armée royale. Jean Stuart ne résidait pas à Aubigny, puisque l'ancien château royal fut incendié par les Anglais, mais au château de Concressault (dont il ne subsiste aujourd'hui plus que des ruines). Seul trace de son passage fut le choix des armes pour sa cité d'Aubigny : "de gueule, à trois fermaillets d'or, posés 2 en chef et 1 en pointe".
En 1426, il porta secours, en Bretagne, au connétable de Richemond et aida le roi de France à remporter de nombreux succès sur les Anglais. Il contribua à la libération de Montargis en 1427. En récompense de ses services, par lettres patente datées de janvier 1428, il fut nommé comte d'Evreux et, suprême honneur, de porter en écartelé sur ses armes celles de France.
En 1428, l'ambassadeur Alain Chartier, accompagné de Jean Stuart et de l'archevêque Regnault de Chartres, vint en Ecosse demander la main de la princesse Marguerite, fille du roi Jacques Ier et de la princesse anglaise Jeanne Beaufort, pour le Dauphin Louis. En échange, le roi de France promettait de céder au roi d'Ecosse une province : le Saintonge, le Berry ou le comté d'Evreux. Le roi d'Ecosse hésita pendant longtemps et n'accepta qu'en 1436.
En 1429, les Anglais s'employaient à ouvrir une route vers le Midi, celle de leur fief de Guyenne, en mettant le siège devant Orléans. Les écossais prirent une part active dans cette
défense avec un corps de mille hommes. Guillaume Stuart, seigneur de Stelemik, frère cadet du sieur d'Aubigny, déclara aux procureurs de la ville qu'il "ferait pour la ville d'Orléans ce qu'il ferait pour ses compatriotes eux-mêmes". Cette promesse Guillaume Stuart allait avoir l'occasion de la tenir puisque avec son frère Jean Stuart, il allait trouver la mort lors de la désastreuse "journée des_harengs" (12 février 1429). Ils furent inhumés dans la chapelle de Notre-Dame Blanche en la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans.
Vous pouvez aussi lire ce qu’a écrit Louis, marquis de VOGÜE (†) en cliquant [ICI]
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